Aller au contenu

ORDRE ET PROGRES

Dans ce moment de chaos politique qui secoue nos institutions, il faut en revenir aux
idées simples exprimées par les Français.


Les Français veulent le rétablissement de l’autorité publique dans tous les domaines :
sécurité, immigration, justice, éducation…
2

Ils veulent que la France retrouve sa voix et son poids dans le monde.
Que ce soit dans les urnes où dans les sondages, la majorité est claire. Elle est portée
par les électrices et le électeurs du Rassemblement National, de la droite classique et
par un nombre croissant de celles et ceux du centre et de la gauche.


Si cette majorité réelle dans le pays ne se traduit pas encore au niveau politique, ce
n’est pas seulement en raison des intérêts d’appareil des partis. C’est que les discours
d’alternance au régime macroniste ne sont pas encore suffisamment clairs.

Les Français ne veulent pas se contenter de belles intentions et de déclarations
martiales.


Ils veulent qu’on s’attaque aux racines du déclin du pays dans tous les domaines. Ils
veulent bien fournir des efforts pour redresser l’état calamiteux des finances publiques,
mais à condition qu’on ne contente pas de boucher provisoirement les trous – et surtout
pas en accroissant encore les charges et les impôts -. Ils veulent que l’économie
française reparte sur de bonnes bases.


Lorsqu’en 2005 on a demandé aux Français s’ils voulaient d’une Europe fédérale ils ont
répondu non, avant que la droite de gouvernement, qui prône aujourd’hui le retour à
l’autorité, ne les trahisse sous Nicolas Sarkozy. Certains l’ont dit d’abord au nom de
l’indépendance nationale, d’autre d’abord par refus de la logique économique ultra-
libérale, et la grande majorité dans un mélange des deux. Tous avaient compris que les
deux aspects sont liés : c’est au nom du règne sans régulation du libre marché qu’il
faudrait abolir les frontières, les États, réduire la société à une masse de
consommateurs atomisés.


Bâtir aujourd’hui la majorité politique dont le pays a un besoin urgent exige de répondre
à l’ensemble de ces préoccupations. On ne peut redresser l’économie française,
condition même de l’équilibre de ses finances, qu’en la protégeant suffisamment contre
la course mondiale au moindre coût. Il faut réorienter l’épargne vers l’investissement
productif, public et privé. Rétablir les finances publiques , ce n’est pas se contenter de
tailler dans les dépenses au risque de voir le modèle social français, déjà si entamé,
définitivement détruit. C’est retrouver des recettes, non pas en accroissant les
prélèvements, mais en retrouvant de la croissance, ce qui n’est possible qu’en cessant
de vouloir produire à l’autre bout du monde. Il faut réinvestir en France pour rétablir l’
économie française sur le long terme. Pour que cette croissance ne retombe pas dans
une logique désastreuse sur le plan écologique, il faut précisément à nouveau maîtriser
nos frontières, y compris sur le plan économique.


La libre circulation mondiale de la main d’œuvre ( c’est-à-dire l’immigration de masse
que notre pays ne peut plus endurer), des capitaux et des marchandises sont les
mêmes aspects d’une même politique.


Il ne s’agit pas d’en revenir à un protectionnisme excessif et encore moins à une autarcie
économique. Il ne s’agit pas de déclarer que la finance est un ennemi, car elle a aussi sa
place et son utilité. Il s’agit de redresser suffisamment le curseur entre économie de
marché , moteur indispensable de l’activité économique, et régulation politique qui doit
retrouver son rôle de pilote.


Les Françaises et les Français consentiront aux efforts de tous, qui sont nécessaires,
s’ils sont convaincus que ces efforts seront au service de tous. Ils retrouveront
confiance en leur pays, en leur institutions, en leurs représentants, et dans la
communauté nationale s’ils sont convaincus que l’on tourne vraiment le dos à une
politique du tout pour la finance, qui a conduit à l’explosion des inégalités au dépend de
la majorité des citoyens.


Réconcilier indépendance nationale et justice sociale, ordre et progrès : voilà qu’elle
doit être notre ambition.