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TRUMP ET NOUS

Tout le monde a compris que Donald Trump ne pouvait être un exemple à suivre.
Si sa façon d’agir plaît sans doute encore plus qu’on ne le croit aux USA, pays historiquement marqué par l’esprit violent de la conquête de l’Ouest, elle révulse à juste titre par sa grossièreté, sa versatilité, sa dimension de chantage permanente, sa pratique de l’humiliation dans les relations entre États.

Mais si nous voulons garder la tête froide, entre la gauche moribonde qui crie au fascisme à tout propos et une certaine droite qui lui a tressé sans précaution des lauriers, nous devons constater que sa politique et sa stratégie qui ont leur cohérence nous offre paradoxalement une opportunité de nous ressaisir.

Au fond, Donald Trump a sifflé la fin de la liberté totale de la finance, qui se déplaçant librement dans le monde, est allée nourrir la Chine et appauvrir les USA.
Il veut restaurer la puissance économique américaine : agricole, industrielle, technologique, ce qui ne peut être mis en œuvre que par une volonté politique forte. Ce faisant, il va dans le sens de l’intérêt général du peuple américain : plein emploi, rééquilibrage des côtes Est et Ouest vers le centre des USA.

Ce n’est pas pour autant qu’il renoncé à ce que les USA restent le centre d’un empire.
À la différence du parti démocrate qui gouvernait l’empire davantage par la morale et le « soft power », l’ administration Trump utilise la force directe, militaire, économique.
Ce n’est pas pour autant plus acceptable.

Car les logiques d’empire sont par essence anti-démocratique. Quelque haïssables soient les régimes vénézuéliens ou iraniens actuels, la logique américaine d’empire en réalité s’en moque. Seule compte le maintien de sa domination, et si demain elle doit s’exercer comme elle l’a fait par le passé contre des régimes démocratiques, elle ne s’en privera pas.

Nous réaffirmons que la liberté des nations est la seule base de la démocratie et que s’il faut aider les peuples en lutte contre les dictatures, elle ne saurait jamais être imposée par la force extérieure.

Mais en quoi la logique trumpiste est-elle alors pour nous une opportunité ?
Parce qu’elle nous met en demeure de reconquérir notre souveraineté. Tant vis-à-vis de la logique ultra-libérale qui nous détruit depuis quarante ans, avec son creusement de l’inégalité sociale et son immigration incontrôlée, qu’en matière régalienne.
Et tout démontre que la classe dirigeante française et européenne, par intérêt et inertie, ne veut pas et ne peut pas le comprendre.

Le creusement de la dette publique française est lié au traitement économique et social des conséquences de la délocalisation généralisée de notre économie, au lieu de servir l’investissement et l’avenir. Elle se poursuit allègrement par un gouvernement et un Président devenus ultra-minoritaires, accrochés aux privilèges et à la fortune exponentielles de la minorité qui a seule bénéficié de la globalisation financière.

Ce gouvernement est aujourd’hui soutenu par une gauche qui a échoué sur tous les plans, perdu la bataille des idées, et par une frange de la droite qui n’a pas renoncé à la logique sans fin de l’ultra-libéralisme.

Quant à l’Union Européenne, enfermée dans son rêve fédéral, tout montre son incapacité à prendre en compte la nouvelle donne et les intérêts divergents des États. La ratification du Mercosur l’illustre : en voulant le ratifier au nom de tous les États, l’Union Européenne reconnaît les avantages que pourraient en tirer certains sur le plan industriel, alors que ses opposants ont tant à y perdre au plan agricole.

Un profond changement de cap est donc sans cesse plus urgent pour sortir la France de l’ornière.

Restauration de la souveraineté économique, migratoire, rétablissement de l’autorité publique dans tous les domaines.

Seuls, en autarcie ? Non, avec tous les États européens qui le voudront, au cas par cas , en utilisant les convergences d’intérêt domaine par domaine, au lieu de poursuivre la chimère d’une politique identique pour tous.

Voilà l’horizon pour 2027. Une majorité existe dans le pays. Seuls des dirigeants politiques sans vision et sans courage, l’empêchent de se rassembler.

Le souverainisme, c’est pour nous œuvrer à cet avenir-là.